Oiseaux Terrestres
On a décrit aujourd’hui plus de 9900 espèces d’oiseaux dont le poids peut varier de 2g pour le Colibri à 130kg pour l’Autruche. Les oiseaux sont des vertébrés tétrapodes à plumes, dont les membres antérieurs sont transformés en ailes. Ce sont des animaux à sang chaud, comme les mammifères.
Les oiseaux se sont adaptés avec succès à une très grande diversité de milieux. On trouve donc des oiseaux dans le monde entier, sur les banquises, jusqu’au déserts. Ils doivent leur incroyable répartition à leur adaptation au vol
« En France métropolitaine, on dénombre moins de 300 espèces nicheuses (mais plus de 1 200 si on étend le décompte aux départements et territoires d’outre-mer). » (Larousse de la mature ; 2000).
Ces animaux se trouvent souvent au sommet des chaînes alimentaires. Ils sont de ce fait très sensibles aux perturbations des écosystèmes. D’après les données du Muséum d’Histoire Naturelle, on considère que sur les 273 espèces d’oiseaux nichant régulièrement en France, 51 peuvent être considérées comme strictement menacées, dont 22 sont en danger d’extinction sur notre territoire si des mesures de protection efficaces ne sont pas prises rapidement. On peut ajouter à ce nombre, 29 espèces vulnérables et 22 autres espèces classées « rares » du fait de leurs faibles effectifs.
En Corse, on peut dénombrer plus de 200 espèces différentes dont de nombreuses sont protégées. L’O.E.C. a donc souhaité non seulement soutenir les structures préexistantes intéressées dans la protection et la gestion des oiseaux mais aussi mettre en œuvre des actions phares.
Les actions de l’O.E.C
La Sitelle corse
« La sittelle Corse fut découverte par John Whitehead le 12 Juin 1883 dans une forêt de l’île à l’occasion du premier recensement exhaustif de l’avifaune corse ; il collecta un unique male, ce qui donna l’opportubité à R.B Sharpe, conservateur des collections au British muséum (Natural history) de décrire rapidement l’espèce (Sitta Whiteheadi Sharpe, Proc Zool. Soc. London, 1884, pp.233, 414-415, pl. 36). Whitehead retourna l’année suivante en Corse, collectant de nouveaux spécimens et découvrant 9 nids. Craignant que l’oiseau soit localisé à une seule région de l’île, il ne voulut pas révéler le site précis de sa découverte de façon à éviter son extermination par d’autres collecteurs. » (Plan de restauration de la sittelle corse, P.N.R.C.).
La sitelle corse a donc été découverte il y a plus d’un siècle et bénéficie de protections légales :
  • espèce protégée
  • Annexe I de la Directive Oiseaux 79/409/CEE
  • Annexe II de la convention de Berne relative à la conservation e la vie sauvage..
Elle vit dans l’intérieur de l’île entre 600 et 1.700m d’altitude. On peut l’observer dans les bosquets, les arbres isolés surtout dans les forêts de pins en altitude. La répartition de la sittelle correspond en grande partie à celle de l’Habitat « Pin laricio » et s’étend sur environ 45.00ha mais la sittelle peut habiter localement dans d’autres conifères (pin maritime, sapin pectiné.).
La Corse possède en outre un patrimoine forestier d’une grande importance. C’est la plus forèstière des îles méditerranéennes. Mais la forêt est soumise à diverses pressions qui pèsent sur son développement et qu’il convient de prendre en compte dans le cadre d’une gestion durable des milieux forestiers.
La forêt insulaire présente une multifonctionnalité (Soulère, 2000) :
  • elle assure une production de bois importante pour l’économie locale, avec une filière bois qui se développe et se modernise par une ressource de qualité,
  • elle remplit une fonction d’accueil du tourisme qui s’accroit, représentant une activité économique importante pour la Corse,
  • elle limite des phénomènes naturels comme l’érosion des sols et permet une régularisation du régime des eaux,
  • elle remplit une fonction de préservation du milieu naturel en abritant une biodiversité riche et originale, notamment en Corse avec l’importance de l’endémisme,
  • elle assure un rôle social en s’inscrivant dans des paysages de montagne de valeur et assurant un cadre de vie,.
C’est dans ce contexte global que notre établissement a souhaité mener une étude sur le Pin laricio et la Sittelle qui sont deux espèces emblématiques de la Corse et essentielles dans le cadre des politiques de gestion durable des milieux forestiers et de maintient de la biodiversité.
Cette étude consiste en la réalisation d’un suivi sur l’Habitat Pin laricio, notamment au niveau de la production de cônes et de graines du Pin laricio et sur la population de Sittelle corse, tout d’abord sur des sites témoins où l’anthropisation est faible ou nulle, ensuite sur des sites incendiés et des coupes forestières. Ce travail permettra d’établir des comparaisons qui serviront à mesurer l’impact des activités humaines sur l’habitat Pin laricio et sur la Sittelle corse, indispensable pour la gestion et la conservation du milieu naturel constitué par les forêts.
Etat d’avancement
Depuis le début du programme d’étude en mai 2005, le travail a porté sur la récolte des données de terrain et sur la recherche bibliographique.
Une cartographie des territoires de sitelles corses a été réalisée au printemps 2005 dans les forêts de Corté-Restonica et Tartagine-Melaja respectivement incendiées en 2000 et 2003.
Durant l’automne-hiver 2005-2006 la description dendométrique des territoires de sitelles occupés et inoccupés de Tartagine-Melaja, le suivi de la production de cônes et de graines, la récolte des données concernant l’étude de la phénologie d’ouverture des cônes ont été réalisés. Aujourd’hui les premiers résultats sont en cours d’analyse.
Les partenariats
le programme LIFE GYPAETE 1999-2002
Le Gypaete barbu est un des rapaces les plus rares d’Europe et le plus grand vautour de la faune européenne. Aussi la nécessité impérieuse de conserver les couples existants en Corse a conduit les différentes institutions et associations, intéressées dans la protection des oiseaux à élaborer un programme de protection et de conservation du gypaète Barbu en Corse.
Ce programme sous la maîtrise d’ouvrage du PNRC a reçu le soutien de l’Office de l’Environnement de la Corse, de la DI.R.EN Corse, de l’Office National des Forêt, de l’Office National de la Chasse et de la faune sauvage, l’Association des Amis du PNRC, des Fédération des chasseurs.
Objectifs
  • augmenter significativement les ressources alimentaires (dont le déclin est la principale menace pour le Gypaète barbu en Corse) à court et long termes, pour augmenter le taux de survie et les paramètres reproducteurs (ponte et productivité),
  • préserver et restaurer les sites prioritaires pour la conservation du Gypaète barbu,
  • développer les actions d’éducation, de sensibilisation et de communication aux niveaux local et européen.
Aujourd’hui la population corse est toujours en danger et l’effort de suivi et de préservation de l’espèce est poursuivi à l’échelle régionale.
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