Les milieux marins littoraux
La ligne de rivage, lieu de rencontre entre la terre, la mer et les cieux, constitue une interface unique, presque « magique » si l’on s’en tient à l’attrait irrésistible qu’il produit sur l’homme. Cette constatation a nourri bon nombre de réflexions, dont les plus philosophiques voient en l’homme « un être thalassotrope pour lequel l’attirance pour la mer est loin d’être rationnelle. Voir de l’eau repose, ce qui constitue un plaisir, mais a aussi un rôle pour la santé physique et mentale […] » (Laubier L., Les océans et l’Antarctique, 1990).
Ainsi, parallèlement à l’occupation permanente par l’habitation (urbanisation), d’autres formes d’activités humaines mobilisent de plus en plus les espaces littoraux. Qu’il s’agisse d’activités économiques (pêche, aquaculture, transport maritime…), de loisirs (sports nautiques…) ou de vacances (tourisme), la mer côtière, fréquentée par de multiples utilisateurs, demeure soumise à des pressions anthropiques chroniques, largement amplifiées en période estivale.
Un rapide survol des points de rencontre entre l’homme et la mer (urbanisation incontrôlée, pollutions croissantes, surexploitation des ressources…) révèle un phénomène général de dégradation de la zone côtière.
Ainsi, 77 espèces marines, auxquelles il convient d’ajouter 151 espèces de la frange terrestre, ont déjà disparu du littoral français. Mais la constatation est beaucoup plus générale et témoigne d’une menace constante sur les milieux, dont les conséquences, à terme, pourraient devenir irréversibles : altération de la qualité des eaux, eutrophisation, disparition des habitats, appauvrissement des stocks, modification des écosystèmes, érosion côtière, pollution des plages, dévalorisation esthétique des sites.
La Corse n’échappe pas au processus global d’altération. S’il est vrai que notre insularité et la qualité de nos paysages naturels participent largement à notre réputation d’« Ile de Beauté », il n’en demeure pas moins que cette réalité expose nos 1.000 km de côtes à de multiples atteintes.
Leur protection, comme celle de la partie marine s’y attenant, passe donc nécessairement par la recherche d’une gestion minimale adaptée, conformément à la loi Littoral du 3 janvier 1986, qui souligne que le littoral est une entité géographique spécifique appelant une politique adéquate d’aménagement, de protection et de mise en valeur.
La réalisation de cette politique d’intérêt général implique une coopération optimale de l’ensemble des autorités compétentes et essentiellement des collectivités locales, dans des axes d’intervention qui peuvent se décliner en plusieurs programmes :
  • le développement de projets de gestion intégrée de la bande littorale ;
  • la protection et la restauration, le cas échéant, des écosystèmes marins et littoraux ;
  • l’aménagement des plans d’eau, notamment afin de diminuer l’impact des mouillages anarchiques sur les herbiers de posidonies et la qualité sanitaire des eaux marines, ainsi que pour renforcer la sécurité des zones de baignade ;
  • la mise en place de dispositifs d’information in situ permettant d’attirer l’attention du public sur les points sensibles du littoral.
Aménagement des dunes de Campomoro
Le cordon lagunaire de Campomoro est séparé en trois massifs par deux ruisseaux temporaires.
La dune Centrale est relativement bien conservée par rapport à la plus part des autres massifs dunaires présents en Corse et ce, malgré sa situation dans une zone déjà urbanisée et très fréquentée durant la période estivale.
Cette dune atteint 11 mètres de haut. Elle à conservé son aspect naturel et est toujours boisée par un fourré de genévriers de Phénicie (Juniperus phoenicca), lentisques (Pistacia lentiscus ) et alaternes (Rhamnus alaternus) en bon état.
Carte de présentation de Campomoro
Les dunes Est et Ouest sont beaucoup plus anthropisées que la dune Centrale et ont été transformées en jardin. De nombreuses espèces exotiques remplacent aujourd’hui la flore autochtone.
En 1991, la Commune de Bélvédère-Campomoro, faisant suite à l’étude de l’AGENC , assurait la maîtrise d’ouvrage d’un certain nombre d’aménagements. Ainsi, l’avant de la dune Centrale et une partie de la dune Est avaient été équipés de ganivelles (clôtures en châtaignier) d’1 mètre de haut, dans le but de les préserver de l ‘impact du public et du bétail.
Par la suite, extrêmement ensablé et dégradé, ce dispositif ne constituait plus une protection suffisante pour empêcher la forte fréquentation des dunes. De plus, la pose d’une rangée unique de ganivelles n’avait pas permis la constitution d’une dune bordière.
Afin d’éviter la dégradation progressive des massifs dunaires et de maintenir ainsi les qualités paysagères du site en question, la commune de Bélvedère-Campomoro aidée de l’État et de l’OEC , vient d’effectuer la pose d’une rangée de ganivelles supplémentaires. Celles-ci sont posées à 1m 50 de l’ancienne rangée et en avant de la ligne existante sur les dunes : Centrale, Est et Ouest soit sur 5m 20, avec une hauteur de 1m 20, destinées à renforcer le dispositif de protection existant :
  • nécessité de soustraire les trois massifs dunaires au public pour éviter le piétinement de la végétation et donc sa disparition à terme, réduire leur déstabilisation et préserver la propreté des lieux, particulièrement en aval de la saison estivale ;
  • nécessité d’éradiquer ( griffes de sorcières ) ou de surveiller la progression de certaines plantes exotiques envahissantes de manière à favoriser le développement de la flore autochtone ;
  • nécessité d’homogénéiser les aménagements réalisés afin d’améliorer l’aspect esthétique du site.
Reconstituer une dune bordière plus large, aux endroits où les apports de sable sont plus importants, elle se revégétalise naturellement lorsqu’elle est alimentée en sable, et ainsi obtenir un peuplement de génévriers en extension.
Par ailleurs, afin d’obtenir une amélioration des zones de passages, les accès à la mer situés au niveau des talwegs Ouest ont été réaménagés ( élargissement et équipement du sentier). Le nouveau sentier Ouest traverse le bosquet de tamaris et est aménagé d’un caillebotis pour le cheminement.
 
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