Le Programme « LIMA »
Connaissance du milieu marin insulaire et suivi de son évolution
 
Le programme LIMA, a été mis en place en 1999 afin d’accroître la connaissance de la zone littorale marine corse, en terme de protection et de préservation des milieux, des espèces, des paysages sous-marins remarquables, de gestion de l’espace et de lutte contre la pollution.
Les diverses études qui sont menées contribuent à la mise en œuvre du Réseau Littoral Méditerranéen en Corse.
Ce projet, dont l’Office de l’Environnement de la Corse est maître d’ouvrage, est mené en partenariat avec l’Agence de l’Eau, la DIREN (Direction Régionale de l’Environnement), l’IFREMER (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation en MER) et le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières).
La première phase du programme financée par le FEDER, la DIREN Corse, l’Office de l’Environnement de la Corse et le BRGM a permis de réaliser une synthèse des connaissances disponibles sur le milieu physique des plates-formes de la Corse entre 0 et 100 mètres. Le résultat final se présente sous la forme de cartes de la nature des fonds à l’échelle du 1/100 000. La mise à disposition des données bathymétriques a permis également d’établir, pour la zone concernée, un Modèle Numérique de Terrain au pas de 50 mètres.
La première étape a consisté en une compilation de deux types d’information : la bathymétrie et la nature des fonds.
Les données bathymétriques, mises à disposition par le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM), ont permis d’établir un modèle numérique de terrain (MNT) homogène pour l’ensemble de la zone concernée. Outre l’établissement de fichiers et cartes d’isobathes, le traitement du MNT  a permis de mettre en évidence les traits morphologiques des différents secteurs de plate-forme et de découvrir des structures particulières : reliefs isolés, rides, dépressions…
Les données bibliographiques de nature de fonds, soit plus de 88 000 points d’observation (plomb suiffé) ont été numérisées en liaison avec le SHOM. Ce travail a permis d’établir une cartographie « historique » homogène de la nature des fonds de l’ensemble des plates-formes corses.
En 2001, deux campagnes (25 jours) d’acquisition de données ont été réalisées afin de reconnaître tout d’abord les faciès et les formes sédimentaires par imagerie acoustique et sismique-réflexion, puis de vérifier leur nature par des prélèvements de sédiments et l’utilisation de la vidéo sous-marine.
Le traitement et l’interprétation de ces nombreuses données nouvelles ont permis d’établir la première cartographie de nature de fonds des plates-formes de la Corse. Les produits issus de cette première phase, cartes, données compilées et acquises, documents d’interprétation, disponibles sous forme numérique, représentent une base de connaissance importante sur le milieu physique des plates-formes de la Corse. Ils constituent le support des recherches plus approfondies qui vont être menées durant la phase II du programme.
Débutée en 2002, la phase II du programme a permis de réaliser une cartographie détaillée des fonds marins dans les secteurs jugés intéressants d’un point de vue environnemental, physique et/ou sur le plan des usages économiques.
La plate-forme septentrionale de la Corse, de la Balagne aux Agriates, a été choisie comme premier secteur d’étude. L’acquisition de profils de sonar latéral et le contrôle de la nature des fonds par prélèvement de sédiments ont été couplés à de la vidéo sous-marine. Les données recueillies ont permis d’établir une cartographie acoustique des fonds sur la base d’une mosaïque numérique des profils de sonar latéral. L’interprétation combinée par les outils SIG des données acoustiques, de la morpho-bathymétrie, des analyses de sédiments et des observations vidéos a permis d’établir les premières cartes morphosédimentologiques au 1/25000 d’une plate-forme de la Corse. La couverture de la zone à cette échelle représente 5 cartes au format A2, couvrant les secteurs de Calvi, Algajola, Lozari, Ouest-Agriates et Saleccia.
La deuxième phase du programme LIMA a également été consacrée à la mise en œuvre de trois autres études destinées à améliorer les connaissances du littoral de la Corse.
La première concerne l’évaluation de la contamination chimique du site de Canari :
Plage de Nonza
Sur le site de Canari, la société minière de l’amiante a exploité, de 1941 à 1965, un gisement de serpentinite amiantifère. Les déblais liés à l’exploitation ont été directement rejetés à la mer à partir de 1948. Au total, 11 millions de tonnes de sédiments ont été rejetées  (environs 7 millions de m3) majoritairement sous forme de galets de serpentine.
Une première étape réalisée en 2001, a permis d’étudier la contamination de la colonne d’eau et la bioaccumulation du nickel, du chrome et du cobalt dans la chaîne trophique. En 2002 la campagne Canari-II a eu pour objectif de compléter les connaissances acquises sur le site en étudiant plus particulièrement la distribution verticale des ces métaux  dans les sédiments et l’évaluation de l’emprise spatiale de la zone impactée par les rejets de l’usine.
Cette étude s’est appuyée sur des prélèvements de carottes sédimentaires profondes et pour la première fois sur des observations in situ, en opérant une caméra remorquée jusqu’à des profondeurs de 350m, pour couvrir les fonds inaccessibles en plongée sous marine dans les zones adjacentes à l’usine et dans la tête du canyon du golfe de St Florent.
Ces opérations ont été réalisées en partenariat avec l’Ifremer et l’Agence de l’Eau RM&C.
Enfin l’étude biocénotique des sites sensibles du littoral de la Corse basée sur la définition et l’utilisation d’indices paysagers devra permettre de compléter l'information existante (phase I), par la réalisation d'une cartographie des biocénoses marines qui soit superposable aux cartographies existantes.
 En effet, sur le littoral de la Corse, la grande diversité des faciès physiques ainsi que la morphologie très accidentée des côtes associées à une dynamique des masses d’eau très complexe a généré le développement de biocénoses riches, variées selon une répartition en mosaïque, elle aussi extrêmement complexe.
Cet état de fait, ainsi que l'ampleur du domaine étudié (1000Km de côte), implique la mise au point d'une méthodologie de travail adaptée et aujourd'hui inédite. En effet, les moyens d'étude globaux comme la photographie aérienne ou le sonar latéral ne permettent pas de cartographier la plupart de ces biocénoses.
L’objectif de ce travail consiste à fournir aux décideurs une cartographie des biocénoses marines qui soit basée sur les critères suivants :
  • la biodiversité biologique et écologique,
  • les espèces patrimoniales et/ou remarquables,
  • la qualité du milieu,
  • et enfin, "l’intérêt paysager".
Disposer de ces informations à l’échelle souhaitée représente une entreprise extrêmement ambitieuse dont la réalisation ne peut s’envisager que progressivement et, surtout, sur des bases méthodologiques et techniques fiables et validées.
Pour ce faire, une démarche progressive a été envisagée : 
  • une analyse bibliographique sur les méthodologies existantes,
  • une réflexion méthodologique destinée à mettre au point la méthode de travail,
  • une application des méthodologies définies sur "site pilote",
  • une recherche et une analyse des données existantes sur les biocénoses du littoral Corse,
  • la rédaction d’un cahier des charges concernant une généralisation de la méthodologie à l’ensemble du littoral corse
Cette opération débutée en juin 2004 est en cours de réalisation.
 
    Accueil | Recherche | Contacts | Liens | Crédits | Mentions légales