La recherche
La démarche de recueil des données existantes, de détermination des recherches complémentaires à entreprendre et de production des connaissances manquantes, telle qu’engagée depuis la création de l’unité Écosystèmes Marins, est amenée à se poursuivre chaque année autour de tous les domaines concernant le milieu marin en Corse.
Les objectifs moteurs de recherche demeurent identiques :
  • améliorer l’état des connaissances des écosystèmes, tant marins que côtiers, au niveau de leur répartition et de leur fonctionnement ;
  • évaluer l’impact, sur ces milieux, des différents types d’activités humaines, notamment économiques ;
  • appréhender la façon dont les différentes pratiques touristiques s’organisent autour du littoral insulaire ;
  • en apprécier les conséquences afin de pouvoir proposer des modes de gestion adaptés.
Dans cette optique, l'OEC poursuit son engagement technique et financier auprès d’organismes scientifiques porteurs de programmes de recherche jugés prioritaires eu égard au niveau de connaissance des écosystèmes marins.
Suivi scientifique de l’évolution du stock de langouste en Corse et effets de l’arrêt temporaire d’activité de la pêche à la langouste.
Cette étude s’inscrit dans une mesure d’aide financière aux professionnels de la pêche dans le cadre d’un arrêt temporaire de la pêche à la langouste au cours des mois de septembre 2002, 2003, 2004.
Dans le cadre de cet arrêt biologique, l’Office de l’Environnement de la Corse a confié à la Stareso cette étude devant porter sur un suivi des stocks de langoustes et sur l’estimation des captures dans les différentes zones de pêche de l’île.
Au cours de l’étude, on a cherché à quantifier l’effort de pêche (très variable d’une région à l’autre) mais également les CPUE (captures par unité d’effort) qui sont très significatives sur l’état des stocks exploités.
L’échantillonnage a porté sur 56 pêcheurs, ce qui représente 35 % des professionnels concernés par cette pêche.
L’estimation de l’effort de pêche pour l’ensemble de la Corse et pour l’année 2004 s’élève à plus de 600 000 pièces de filets (une pièce correspondant à 50 mètres).
Les résultats permettent de différencier trois groupes géographiques homogènes :
  1. Le Cap-Corse/Côte Orientale où les tailles moyennes de captures sont les plus élevées (98 mm de longueur céphalo-thoraxiques (lct) ;
  2. Balagne-Agriates/Valinco-Bonifacio (89 mm de lct) ;
  3. Ajaccio/Porto-Cargèse (77,5mm de lct)
Les conclusions de cette étude font apparaître nettement :
  • que le stock de langouste du Cap-Corse est le plus robuste de Corse, montrant les rendements les plus élevés et les individus les plus grands ;
  • en revanche, dans la zone Ajaccio/Porto-Cargèse, 71 % des langoustes capturées n’ont pas atteint l’âge de première reproduction (5ans).
Globalement, pour l’ensemble de la Corse, entre 1983 et 2004, l’effort de pêche à tendance à augmenter, alors que les capturées par unité d’effort diminuent régulièrement, passant de 300 g à 150 g par filet en 20 ans (d’après les données de Marin et Riutort). La production générale diminue également, de même que la taille des prises, ce qui est significatif d’une sur-exploitation.
Une étude des mouillages forains
Après un appel d’offres cette étude a été confiée à la société EVE Mar. Elle a débuté en août 2003 et s’est achevée en novembre 2004.
Cette étude est intervenue dans le cadre d’une réflexion sur la gestion des mouillages forains, en partenariat avec l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et la Diren de Corse.
Elle nous a permis de mieux connaître la répartition des mouillages forains, les différents points noirs, les caractéristiques des corps morts et le résultat de leur impact sur le milieu naturel.
Pour des raisons pratiques et pour une meilleure compréhension des données, la frange littorale corse a été fractionnée en 10 zones, par rapport aux caractéristiques orographiques de la côte (golfes, pointes rocheuses), mais aussi par rapport aux différentes étapes de navigation.
Le littoral du sud de la Corse, compris dans le périmètre de la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio, n’a pas été pris en considération car cette zone avait déjà fait l’objet d’une étude sur les mouillages en 2002, avec un inventaire exhaustif des corps morts.
La localisation de tous les mouillages fixes, bouées liées à un corps mort, a été effectuée à l’aide d’un GPS
L’étude spécifique sur le site test
Site de test : Golfe d'Ajaccio (Isolella)
Parmi les zones ou la concentration des mouillages est la plus importante, le site test a été sélectionné dans le Golfe d’Ajaccio. La zone de mouillage de l’Isolella se caractérise par une forte concentration de mouillages, sur des fonds mixtes de roche, sable et Posidonie (herbier très étendu).
Conclusions
Pourcentages des bouées des mouillages du littoral corse par rapport aux différents types de fonds. (*) Pour mixtes nous parlons des fonds caractérisés par au moins deux types de biocénoses, en excluant l’herbier de Posidonie (des petites taches isolées peuvent toutefois être présentes).
Le nombre total des bouées de mouillage fixe recensé tout le long du littoral corse est d'environ 6040 bouées dont 880 corps morts répertoriés dans la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio.
Ces corps morts sont souvent de grande dimension, avec des chaînes de grande taille.
Dans certains sites ceux-ci sont placés à l’intérieur ou en marge des herbiers de Posidonie.
De façon générale, la biocénose la plus concernée par les corps-morts des mouillages est l’herbier de Posidonie (55% des lests).
Dans la plupart des zones répertoriées, la dégradation de l’herbier de Posidonie est plus ou moins évident.
Sur le site de l’Isolella, les bouées de mouillage sont souvent reliées à plus d’un corps morts (moyenne de 2,4 avec un maximum de 9).
La localisation des corps morts abandonnés est significative (200 sur le site). L’herbier autour des corps morts est en mauvais état (73%). Un nombre important de chaînes de longueur excessive a été repéré qui traînent sur le fond et souvent dans l’herbier.

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