Les poissons d'eau douce
 
Depuis presque deux siècles, nos rivières ont été exploitées, barrées, rectifiées, transformées en des conduits à ciel ouvert servant d’égouts aux déchets urbains. De ce fait, la faune des milieux d’eau douce a subi d’importantes modifications de sa qualité de vie.
Les principales causes de la régression ou de la disparition des espèces ont été identifiées :
  • les obstacles aux déplacements des poissons (barrages, aménagements d’estuaires etc…)
  • la destruction des habitats et des frayères par le dragage et l’extraction de graviers,
  • la surpêche,
  • introduction de poissons allocthones,
  • les pollutions.
Ruisseau de Marmano
On assiste donc aujourd’hui au constat désolant d’une diminution drastique des espèces de poissons d’eau douce voire à des disparitions d’espèces patrimoniales. En Corse depuis déjà plusieurs années, l’Office de l’Environnement de la Corse, la Direction régionale de l’Environnement corse, le Parc Naturel Régional de Corse ainsi que le Conseil Supérieur de la Pêche et bien sûr, La Fédération interdépartementale de Pêche se sont penchés sur cette problématique. De nombreuses études scientifiques ont permis ainsi d’acquérir des connaissances su le peuplement piscicole des rivières et des lacs et depuis 1996 un réseau de suivi de l’état des peuplements piscicoles, mis en place par le Conseil Supérieur de la pêche, sur quelques rivières de notre région nous permet d’avoir des renseignements sur l’évolution des populations.
D’après l’Atlas des poissons d’eau douce édité par la DI.R.EN Corse en 2001, « la faune des poissons d’eau douce de Corse est actuellement composée de 32 espèces dont 12 sont autochtones et 20 introduites. Parmi ces espèces quatre sont protégées au niveau national, la blennie fluviale, le brochet, l’alose feinte et la truite. Les deux dernières étant également classées espèces d’intérêt communautaire (annexe II de la Directive Habitats) ».
Aujourd’hui notre effort en matière de protection, de conservation et de gestion, porte en particulier sur la truite corse. En effet les études récentes ont montré que deux souches de truites coexistent en Corse et que ces deux souches sont génétiquement différentes. Il s’agit de :
  • la souche méditerranéenne
  • la souche adriatique, dite « souche corse » (Berrebi, 1995)
La souche corse aurait été observée depuis 1961 par Spillman qui aurait signalé la présence d’une sous espèce macrostigma.
Il s’est donc avéré nécessaire dans un premier temps de parfaire nos connaissances sur la truite tant en matière d’étude de l’espèce et de son écologie mais surtout en terme de localisation afin de déterminer au mieux des mesures de gestion afin de sauvegarder cette espèce. Cette gestion doit donc être abordée avec les principaux acteurs de terrains que sont la Fédération de Pêche ainsi que le Conseil Supérieur de la Pêche, les mesures à mettre en œuvre pouvant aller de la surveillance, la recherche de nouvelles stations, à de la mise en réserve de certains sites, voire du repeuplement si cela est possible.
Aujourd’hui l’O.E.C assure un appui technique et financier auprès de la Fédération interdépartementale de pêche et des milieux aquatique pour la mise en œuvre d’un programme LIFE de connaissance, de protection et de valorisation de la truite Corse et ceci en partenariat ave la DI.R.EN Corse. Des renseignements précis sur cette opération sont disponibles sur le site Web du programme : www.lifemacrostigma.org.
Photos : Fédération de Pêche
 
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