La Collectivité Territoriale de Corse et l'Environnement
 
En créant l'Office de l'Environnement de la Corse à travers l'article 57 de la Loi du 13 mai 1991, le législateur a souhaité doter notre île d'un Etablissement public spécifique en charge d'impulser et de coordonner la politique régionale dans ce domaine. S'il a complété le dispositif original qui prévaut en Corse en prolongeant l'action de la Collectivité Territoriale de Corse à travers ses Agences et Offices, il a également voulu conférer une dimension transversale et essentielle à l'environnement conçu comme le support indispensable de toute forme de développement durable.
Cette affirmation première ne s'est pas traduite par une déclinaison précise des secteurs d'intervention dévolus à l'échelon régional, ce que traduisent bien les statuts de l'Office de l'Environnement de la Corse adoptés par l'Assemblée de Corse le 25 novembre 1992.
La multiplicité des champs d'actions est assez caractéristique de la donnée environnementale, de même que sa complexité aux plans technique et scientifique, mais aussi purement juridique. La Loi du 22 janvier 2002 a précisé certaines des compétences relevant désormais de la Collectivité Territoriale de Corse et assumées en tant que telles par l'Office de l'Environnement de la Corse dans des secteurs nouveaux et variés comme la Qualité de l'air ou encore les Réserves Naturelles, les Réserves de chasse et de pêche, ou encore les Plans Départementaux d'Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés, ou Industriels.
Le souci d'une mise en cohérence de l'ensemble de ces actions à partir de l'élaboration de méthodologies adéquates et dans le cadre de partenariats toujours fructueux et souvent novateurs, comme l'Agence de Développement de l'Environnement et Maîtrise de l'Energie, le Bureau de Recherche Géologique et Minière, l'Agence de l'Eau, et bien entendu les services concernés de l'Etat, Direction Régionale de l'Environnement notamment, et des collectivités locales, a accompagné une montée en charge très régulière de l'Office de l'Environnement de la Corse.
Le principe d'une collaboration étroite entre l'Office de l'Environnement de la Corse et le Parc Naturel Régional de la Corse, pionnier de la politique locale de l'environnement, était posé par la Loi du 13 mai 1991. Elle s'est concrétisée à travers des conventions d'objectifs quinquennaux qui sous-tendent une action commune pour la mise en œuvre des grandes orientations politiques définies par l'Assemblée de Corse, que ce soit au titre du Plan de Développement de la Corse ou très prochainement du PADDUC.
Dans le même esprit, des collaborations internationales ont très tôt été instaurées, et l'Office de l'Environnement de la Corse a pu bénéficier pour ce faire de financements européens qui constituent, bon an mal an, près de 30% de ses ressources, tant en investissement qu'en fonctionnement. Que ce soit au titre d'INTERREG, du FEDER, voire du FSE ou d'autres programmes d'initiatives européens, les opérations conduites depuis près d'une décennie ont permis à l'Office de l'Environnement de la Corse d'acquérir une véritable crédibilité auprès d'entités régionales françaises ou méditerranéennes. Largement appuyé par la Mission de Coopération Décentralisée de la Collectivité Territoriale de Corse, cet Etablissement public a mené à bien des programmes très lourds dans des domaines très divers, en particulier dans le cadre d'IMEDOC avec la Sardaigne, et de façon extrêmement active avec les Baléares. Tout récemment encore, les services du Conseil Général de PACA sont venus en Corse exprimer leur souhait d'une collaboration renforcée sur le sanctuaire des mammifères marins PELAGOS, sur la gestion du littoral ou encore dans le domaine de la prévention des incendies au titre d'une Opération Cadre Régionale (OCR) qui vient d'être retenue par l'Union européenne après dépôt de candidature conjointe avec sept autres régions européennes.
L'environnement se caractérise à la fois par son extrême diversité et par un degré important de complexité tant au plan technique que scientifique et juridique.
Il pourrait donc paraître fastidieux de ce fait de décrire dans le détail l'extrême variété des projets mis en œuvre. Quelques un méritent toutefois une mention particulière. Il en va ainsi du domaine des déchets où, à partir de 2000 et à la demande de l'Etat, l'Assemblée de Corse a souhaité s'engager très fortement tant financièrement que pratiquement, par anticipation sur l'attribution de la responsabilité de l'élaboration et du suivi des Plans Régionaux. L'Office de l'Environnement de la Corse s'est donc impliqué très fortement en co-pilotant avec la DRIRE le Groupe Technique Permanent, en charge de préparer la révision des Plans Départementaux de Traitement des Déchets Ménagers, est devenu co-gestionnaire avec l'ADEME du Fonds Corse de Maîtrise des Déchets Ménagers, et est devenu le gestionnaire de la subvention globale au titre du FEDER.
Si le rôle de la Collectivité Territoriale de Corse à travers son Office n'est nullement d'être maître d'ouvrage, elle a pris à son compte, au-delà des aspects financiers, l'accompagnement des dossiers, leur instruction, et la charge de leur suivi et de leur contrôle.
La Corse connaissait un retard très important du fait de la très faible intercommunalité sur ce thème, de l'absence de Plan approuvé jusqu'en 2003, et donc du manque évident de projet.
On peut affirmer néanmoins que les objectifs ambitieux contenus dans le Plan, pour ce qui concerne en particulier le tri-valorisation et les équipements périphériques de type déchetteries ou quais de transferts, seront tenus d'ici 2006. Reste pendante la question majeure de l'Unité de Valorisation Energétique, de son implantation et de sa technologie qui relève de la compétence exclusive des communes et de leur groupement.
L'Office de l'Environnement de la Corse a très fortement participé à la rédaction des statuts du Syndicat d'Etude et de Préfiguration qui est le point de départ essentiel de ce projet. Il en assure le secrétariat et en constitue le siège.
L'Assemblée Générale constitutive du 13 mai 2005 marque une étape essentielle d'un processus qui doit permettre, à terme, à la Corse de disposer d'une solution pertinente à cette question majeure, rattrapant ainsi en quelques années le niveau national.
En 1993 un accord international entre la France et l'Italie, les Régions Corse et Sardaigne, affirmait la volonté d'un projet totalement novateur de Parc International dans le Détroit de Bonifacio. L'Office de l'Environnement de la Corse chargé de la maîtrise d'œuvre a conduit cette opération avec suffisamment de réussite pour se voir confier la gestion de sa partie française qui est désormais pleinement opérationnelle et dispose de 24 agents et de moyens importants.
En charge de la gestion des Réserves Naturelles de Corse, pour peu que paraisse enfin le Décret d'Application tant attendu de la loi du 22 janvier 2002, la Collectivité Territoriale de Corse pourra s'appuyer sur cette réalisation jugée remarquable par l'Assemblée Générale des Réserves Naturelles de France, pour mettre en place, en concertation étroite avec les autres gestionnaires, un véritable réseau de ses Espaces Naturels. En accord avec le Conservatoire du Littoral et bien entendu les Conseils Généraux, il devrait être alors possible de mettre en place une véritable politique régionale qui associe, dans le respect des activités humaines, protection de l'environnement et essor économique.
La prévention des risques naturels et technologiques majeurs, la limnologie, la biodiversité, la préservation et la promotion de la faune et de la flore, avec des actions fortes concernant le gypaète, le mouflon ou le cerf par exemple, la réappropriation des techniques traditionnelles pour la restauration de notre patrimoine bâti, en partenariat avec les Chambres de Métiers et les organismes de formations professionnelles, la création d'un Conservatoire Botanique Corse qui a réalisé par exemple une charte des plantes aromatique en Corse, fixant avec les professionnels les règles de bonne gestion de cette ressource, d'un Observatoire Conservatoire des Insectes développant les moyens d'étude et parfois de lutte contre certaines nuisances comme le bombyx, les termites ou la fourmi d'Argentine, l'Observatoire de l'Environnement, le Groupement Géomatique CIGEO permettant le développement géographique au bénéfice des collectivités et des tiers, les actions menées avec les pêcheurs pour la préservation de la ressource halieutique, la préservation de la ressource hydrique, les réseaux de surveillance de la qualité de l'eau, la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l'eau, la démoustication dans le respect de la biodiversité, sont quelques exemples des multiples actions conduites par l'Office de l'Environnement de la Corse sous l'égide de la Collectivité Territoriale de Corse.
Autorité environnementale désignée par la Collectivité Territoriale de Corse, l'Office de l'Environnement de la Corse contribue également à l'évaluation et à l'analyse des politiques publiques et des projets qu'elles sous-tendent et donc de leur impact sur l'environnement.
Avec un effectif de quelques 103 agents et un Budget Primitif de 20 millions d'€, l'Office de l'Environnement de la Corse s'efforce de mobiliser les énergies tant publiques qu'associatives, voir privées, pour faire de la donnée environnementale comme l'y invitent les travaux préparatoires au PADDUC, un support fertile et dynamisant du développement local.
 
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